Portrait

Portrait: Il reprend du plaisir à jouer après avoir perdu 86 kg !

Il y a des rencontres qu’on oublie pas, vous l’avez très certainement croisé sur les terrains car il occupait le banc de touche de l’US Fontannes. Toujours souriant et disponible lors d’interview, Geoffrey Borel se livre sur sa nouvelle vie de footballeur après être passé de 172 kg à 86 kg !

Geoffrey, c’est une histoire peu commune puisque tu as perdu 86 kg et que depuis tu rejoues au foot ?

En effet, j’ai décidé de subir une opération chirurgicale « Sleeve gastrectomie » qui consiste à enlever une grande partie de l’estomac. Fort de 172kg et pas 30 ans, je ne voulais pas aller plus loin et me retrouver 10 ans plus tard avec une obésité accentuée. Je n’ai subi aucune complication et j’ai tout de suite perdu beaucoup de poids, 30 kg en 3 mois et demi.

J’ai la chance, malgré mon obésité, d’avoir toujours été en bonne santé et après une très longue réflexion de près de 3 ans, je me suis donné cette chance de perdre du poids avec cette opération, qui précisons le n’est pas du tout anodine.

Je souffre de surpoids depuis mon plus jeune âge mais je n’ai été mis à l’écart, j’ai toujours eu une vie sociale, professionnelle et amoureuse tout à fait normal.

Mais tout ce process n’aurait pu se faire sans l’aide de ma famille, elle n’a cessé de me soutenir dans cette aventure, je les en remercie énormément.

Finale de la coupe Haute-Loire contre Brioude en 2017

 

Tu as toujours joué au foot mais ces dernières années c’était beaucoup plus compliqué ?

Oui j’ai toujours joué mais plus par manque d’effectif et mon jeu s’était restreint à seulement jouer dos au but, je n’éprouvais aucun plaisir si ce n’est d’être sur le terrain. C’est pour cela que je me suis tourné vers l’arbitrage où j’ai pas mal réussi et le coaching. Je suis un compétiteur et c’est un bon moyen de le rester.

As-tu souffert de ton physique lorsque tu étais sur le terrain ?

Oui des moqueries forcément mais également quand je coachais mais ça ne m’a jamais touché et puis je ne me suis jamais laissé faire.

Mais le plus dur était de vouloir faire un geste sachant pertinemment que mon physique ne suivrait pas, de la frustration finalement plus que de la souffrance, mis à part le souffle et la fatigue évidemment.

Mais te revoilà sur les terrains, ça fait quel effet ?

C’est le kiff total, je me découvre des choses que je ne pensais absolument pas possible de faire, du pressing, de tenir les séances d’entraînement entre autres.

Il faut savoir que la dernière fois que je pesais 86 kg, j’avais 14 ans !

J’aimerais devenir un joueur important de la réserve de Fontannes et j’aspire dans les mois à venir de faire partie du groupe 1. Mais au delà de ça, c’est d’être un joueur lambda, qu’on ne me regarde plus comme une bête de foire.

En demi-finale contre Le Puy Foot (b) et la qualification pour la finale.

 

 

Et les réactions de tes coéquipiers, adversaires et de ta famille ?

Mes coéquipiers sont toujours très étonné de mon changement physique, c’est vrai que je suis devenu la moitié de ce que j’étais (172kg à 86kg). Il me chambre pas mal en me disant qu’il ne pensait me voir faire certaines choses avec un ballon 🙂 .

Les adversaires que je côtoie depuis plusieurs saisons sont aussi très surpris de l’aspect physique, c’est ce qui ressort le plus.

Après je pense que très peu de gens me reconnaissent, et ne savent pas que c’était moi le coach.

Mon frère Romain est super fière de moi et nous pouvons de nouveau rejouer ensemble, la dernière fois c’était en U18 et encore je n’étais que le treizième bonhomme. Aujourd’hui il m’encourage tout le temps et me pousse, c’est motivant.

Geoffrey Borel (en haut tout à droite) et son équipe vainqueur du futsal à Langeac.

 

Quel est le message que tu souhaites faire passer ?

Je veux juste transmettre de l’espoir à ceux qui comme moi souffre de l’obésité, que c’est possible de vivre une vie différente.

 

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